En début de mois, le 4 juin 2026, les volontaires de la session 28 du programme d’Échanges et Partenariats ont conclu leur expérience d’engagement par une soirée mémorable sous le doux slogan : « Les carottes sont cuites ». De retour de 6 mois sur le terrain, Anouk, Jeanne, Léna, Sacha, Louis, Maïwen, Manon, Mathilde, Noé et Rebecca ont mis sur pied un plateau télévision détonant et occupé les salles du CICP pour parler de ce qui les a touché.es, révolté.es, interloqué.es, ému.es etc etc… Voici un apperçu de ce qu’il s’y est passé !
Ces derniers mois, les volontaires de la session 28 se sont activement investi.es pour renforcer les réseaux d’organisations engagées comme le CCFD-Terre Solidaire, Médecins du Monde, la Confédération Paysanne, le Codetras, Tous Migrants, le CRID, la Collective, le DAL, Migreurop et bien d’autres. Leurs missions ? Défendre le droit des étranger·es, revendiquer le droit à la ville et au logement, soutenir les travailleur·ses étranger·es dans l’agriculture, lutter pour la justice sociale ou encore créer des liens entre les lieux et initiatives de solidarité.
Cette année, ce sont surtout leurs réalisations collectives qui ont occupé l’espace du CICP – le Centre International des Cultures Populaires. En salle de presse, une salle sur le thème de l’enfermement. Les volontaires y ont exposé des posters présentant des informations sur l’enfermement des personnes en migration en France, et ses chiffres croissants. On a pu y lire par exemple que « 28% des personnes enfermées en CRA y sont placées en sortie de prison » ou bien « La durée moyenne de rétention est passée de 13 jours en 2009 à 23 jours en 2022 ; en 2025 elle est de 33 jours ». Après la lecture de ces panneaux informatifs — et déprimants — une piñata était installée pour permettre aux visiteur.ses de se défouler et d’enfin détruire une prison !
Pour approfondir le sujet de l’enfermement et des CRA (Centres de Rétention Administrative), un info-kiosk était installé dans un coin de la salle, présentant plusieurs fanzines sur ces thématiques.
Au premier étage, on a pu admirer une installation reliant d’un fil rouge les missions des 10 volontaires au centre de la salle bleue. Sur les murs étaient affichés des photos prises par chaque volontaire, en dessous de son nom, et un texte qu’il ou elle a publié sur le blog. De leur nom partait un fil en laine rouge qui traversait la salle pour aller s’accrocher à la colonne centrale. Une photo du ou de la volontaire enfant était suspendue au fil, comme un grand jeu de tyrolienne. Ici aussi, les volontaires ont mis à disposition du public des ressources sur les thématiques de leur terrain, éditées par leurs asso, ou bien des produits de la recherche académique, des articles de médias, etc.
Dans le couloir du premier étage, une seconde piñata invitait les visiteur.ses au coup de bâton. Cette fois-ci reprenant la forme traditionnelle mexicaine, elle présentait de petites photos des différents auteur.es de frustration du moment.
Le point culminant de la soirée fut sans aucun doute le plateau télé remixé à la sauce E&P, sur le thème « Les carottes sont cuites ». Pendant 1 heure, les volontaires de la session 28 ont enchaîné les séquences drôles, informatives, parodiques, et sensibles, avec en toile de fond l’importance des liens entre les luttes dans ce climat d’hypocrisie politique.
Dans le rôle de la présentatrice, Maïwenn. Tour à tour, les invité.es ont été appelé.es à se rendre sur le plateau pour présenter leur travail sous la forme qu’iels ont choisie. Nous avons donc pu assister à un bulletin météo présenté par Mathilde, en mission avec le COPAF, introduisant le contexte politique et social tendu dans lequel se sont déroulées les missions, puis à une rencontre entre Manon – en mission à la Collective à Arles – et Louis – en mission avec l’ACORT à Paris – pour discuter de l’accès aux droits et lieux de solidarité. Soudain, breaking news ! Jeanne, envoyée spéciale à Bruxelles avec le réseau Migrerop, interroge un député PPE au Parlement européen sur le Pacte Asile Migration qui vient d’être adopté, et pour lequel il a beaucoup fait. Vient ensuite le temps de la Grande Librairie, avec Augustine Traquenarde aux manettes. Rebecca et Noé, tous deux envoyé.es sur la thématique des droits des travailleurs étrangers en agriculture, nous ont parlé d’écologie décoloniale à travers des textes importants. Après une courte page de pub pour Coallia et Frontex (parodique, on vous rassure), on a changé de chaîne pour tomber sur un micro-trottoir d’un média d’extrême droite bien connu (bien que pas très intéressant), autour de la question du droit au logement digne dans les quartiers prioritaires. Léna, qui est partie avec APPUII en Île-de-France, s’est bien défendue ! On a re-changé de chaîne, parce que décidément, l’espace média est sacrément dominé par les idées de droite, pour retrouver un jeu télévisé bien ficelé. Grâce à l’affichage de photos minutieusement choisies, Sacha nous raconte les routes migratoires et les actions de la police aux frontières à Briançon, où il a passé 6 mois avec le mouvement Tous et Toutes Migrantes. Enfin, vient le tour d’Anouk, en direct d’un joli coin de campagne qu’elle a pu visiter avec ActionAid, et depuis lequel elle nous a parlé d’engagement à travers les générations. Après la projection de son film, elle a invité sur le plateau 3 ancien.nes volontaires pour leur demander comment leur expérience E&P avait transformé leur vision ou leurs pratiques militantes. Maïwen a alors pu enlever ses oreilles de présentatrice et nous parler de sa mission, à Abidjan avec le réseau NoVox et la fondation Beugré.
A sa toute fin, l’émission a été interrompue par une manif sauvage, au beau milieu de la grande salle du CICP, pour réclamer un droit au logement digne et pour toustes. Les carottes sont cuites, c’était une émission télé en direct, haute en couleur ! Retour en images :
(toutes les photos ont été prises par Sacha Gasselin, un grand merci à lui)
Comme toujours, la grande salle s’est décorée avec les affiches réalisées lors d’un atelier animé par la graphiste Lorna Mc Callum. En utilisant la technique du collage, les slogans que chacun.e souhaite porter haut et fort ont pris vie dans des couleurs flash. Ces créations, ainsi que des textes personnels et un édito collectif, sont à découvrir dans le livret de cette session.
Merci et bravo aux volontaires de la session 28 pour cette belle soirée et pour leur présence tout au long de ces mois de mission : ils et elles ont mené à bien des missions parfois exigeantes en gardant énergie et bonne humeur. Ça a été un vrai plaisir de les accompagner. Merci également à toutes les structures du programme, qui les ont encadré.es et soutenu.es, ainsi qu’à toutes les personnes venues participer à la soirée de restitution !